La façade et le clocher

 

Dessin figurant dans l'ancien cadastre évoquant la forme de l'ancier clôcher A l'origine la façade devait se présenter sous la forme d'un pignon analogue à celui du chevet. Il est possible qu'un porche s'appuyait contre le mur occidental. Des indications contenues dans les deux devis des années 1740 semblent l'indiquer. Ce genre de porche servait avant la Révolution à abriter les réunions des habitants appelés à délibérer sur leurs intérêts communs. Plusieurs de ces porches subsistent dans les églises des communes voisines, Messigny, par exemple. Le clocher était implanté à la jonction de la nef et du sanctuaire. Ainsi son entretien était assuré à frais commun par le décimateur et par les paroissiens. Il s'agissait vraisemblablement d'un clocher peigne, à double arcature, comme on en voit à Flacey.

Il subsiste en effet, dans les combles de l'église les bases des deux arcs et du pilier central, ainsi que les traces d'usure des cordes. Mortureux, l'architecte Saint Père fut chargé le 12 novembre 1819, de restaurer l'église . Il fit observer que le clocher était fragilisé par un effet de levier lors des sonneries. De plus la pluie pénétrait dans l'édifice par les orifices de passage des cordes, percés dans la voûte. Il proposa sa suppression et la construction d'une tour-clocher en façade, abritant de nouveaux fonds baptismaux. Les archives communales, déposées aux archives départementales conservent plans et coupes soumis au conseil municipal par l'architecte. Les travaux, après avoir été adjugé le 21 janvier 1821 à un sieur Polly, entrepreneur à St Julien, débutèrent le 24 avril et s'achevèrent le 22 décembre de la même année. La date « 1821 » est inscrite dans un cartouche, au dessus de la porte. Saint Père a conçu une lourde façade rectangulaire, plaquée contre la nef, et dont les lignes horizontales sont soulignées d'un bandeau et d'une corniche. Deux fenêtres hémicirculaires, selon la mode du temps, encadrent une porte en plein cintre, moulurée, que précède un pavement en hérisson, toujours en place. Une troisième fenêtre hémi-circulaire surmonte la porte.

La façde de 1821

Cette façade est surmontée d'un clocher à double étage : une souche aveugle, et un beffroi qui présente sur ses quatre faces des baies garnies d'abat-son. L'entrepreneur a commis une erreur dans l'aplomb des murs du second niveau : il oublia de les aligner sur ceux du premier, de sorte que l'étage du beffroi est plus large que celui qu'il Surmonte. Lorsque Saint Père vint visiter le chantier, il était trop tard : l'ouvrage était prêt de son achèvement et l'architecte renonça à le faire démolir. On plaqua sur l'étage aveugle un chaînage feint en carreaux de terre cuite, fixés par des crampons de fer, à l'imitation du chaînage de pierre de, l'étage supérieur. Les crampons rouillèrent et les carreaux menacèrent de chuter : lors de la restauration récente, ils ont été supprimés, mais les cartes postales du début du XX° siècle nous montrent ce décor. Un toit pyramidal aigu surmonte le tout. Le projet de Saint Père, plus plat, n'a pas été adopté. Initialement prévu pour être couvert d'ardoises, il fut revêtu de tuiles. Le coq placé au sommet remplace celui qui fut, avec sa croix de fer, posé le 16 décembre 1821 par Thévenard, maréchal à Savigny. L'horloge fut installée le 25 octobre 1822 par Girot-Besançon, horloger mécanicien à Bellefontaine (Jura). Le cl^cher abrite 2 cloches. Sur l'une on lit : J'ai été fondue 1867 pour la commune de Savigny le Sec sous l'administration de MM François Nicole maire François Jules Languereau adjt Augustin Monot Jean Thevenard Jean Bapt Renevier Antoine Sacquenay Jean Bapt Personnier Antoine Thevenot Claude Chauvelot Pierre Sullerot conseillers municipaux j'ai été bénite par Mr Pierre Mouquin curé de Norges desservant j'ai eu pour parrain M Mortureux Etienne Léon et pour marraine Mde Clarisse Bertaudl née de Faudoas - fonderie Beurnel Perrin à Robécourt Vosges. La fonte de ces deux cloches a donné lieu à des difficultés financières. La première ayant été fondue à Tart, près de Genlis, la communauté de habitants accepta de payer le coût de son transport jusqu'à Savigny, ainsi que celui de sa pesée aux halles de Dijon, mais prétendit qu'elle n'avait pas à rembourser les 150 livres, coût de la fonte, avancées par François Michel, l'un des habitants. En 1782, celui-ci obtient une décision contraignant les habitants à lui verser 212 livres. En 1867 la commune ne disposait pas des fonds nécessaires. Elle convint avec le fondeur de le régler sur dix ans. Le préfet y mis son veto, ce mode de paiement s'analysant selon lui comme un emprunt déguisé, interdit.