L'aspect extérieur

 

Le mur nord, les fenêtres médiévales

Il s'articule en deux parties principales, bien distinctes : la nef et le choeur. Ces deux corps de bâtiment qui ont une hauteur différente, ne sont pas placés sur un axe commun, et leurs murs sont en léger décalage. Le choeur est un peu plus haut que la nef, et il est implanté un peu plus à droite. Ceci s'explique par le fait que l'église n'a pas été construite d'un seul jet. En effet, sous l'ancien régime, la construction et l'entretien du choeur incombaient au décimateur (celui qui avait droit de percevoir la dîme), tandis que la nef était à la charge des habitants, regroupés en communauté, ancêtre de notre système communal.

La nef

 

Plan de l'église suivant l'ancien cadastre

André Guillaume, dans son guide de la Côte d'Or, indique que seul le choeur est ancien. Les récents travaux de restauration permettent de contredire cet auteur : la nef est certainement médiévale, ainsi qu'en témoignent les deux petites fenêtres mises à jour dans le mur nord. Il s'agit d'ouvertures en plein cintre, très étroites, haut placées, à simple ébrasement d'esprit roman. Une partie d'une troisième fenêtre, identique aux deux autres, fut retrouvée lors des travaux. Elle avait été endommagée par le percement, sans doute au XVIII° siècle, d'une grande fenêtre aussi en plein cintre, à double ébrasement, dépourvue de moulure. Ce vestige est maintenant dissimulée sous le crépi. Les murs gouttereaux, d'une grande simplicité, sont dépourvus de plinthe et de corniche. Bâtis de moellons, ils sont suffisamment épais car ils supportaient à l'origine une couverture de pierres plates, appelées laves, remplacées ensuite par des tuiles. On trouve encore dans les registres des délibérations du conseil municipal de l'entre deux guerres, la mention de la suppression des dernières parties couvertes en laves. Aucun contrefort ne raidit ces murs, ce qui traduit l'absence de voûte. Cette partie de l'édifice ne se différenciait guère des habitations construites à la même époque par les habitants du village : gros murs presque aveugles, couverture de pierre, absence d'ornement, usage exceptionnel de la pierre de taille, toujours de petit module. Le mur sud est percé de quatre fenêtres. Il est intéressant d'en examiner l'appareillage, qui traduit trois campagnes de construction. La plus ancienne est constituée d'un appareil de pierres de taille de petit format, tout comme celle qui lui fait face au nord. Au XIX° siècle, il apparut utile de renforcer l'éclairage de la nef : une seconde fenêtre fut ouverte en 1821, puis deux autres vers 1850. Ces trois fenêtres sont formées de fortes pierres, certaines portent, sur la face interne de l'édifice, la marque du tâcheron qui les a taillées.

Le choeur

Bâti en 1371, le choeur présente une architecture beaucoup plus soignée que la nef : plinthe au bas des murs, corniche de pierre de taille. Trois contreforts le flanquent : l'un placé perpendiculairement à l'angle N-O, les deux autres, à l'est, en biais. Ces trois contreforts indiquent que le choeur fut toujours voûté. Le mur oriental était autrefois percé d'une fenêtre en tiers point, ornée d'un remplage gothique, partiellement masqué par la sacristie. Toutefois les constructeurs de celle ci ont respecté l'oeuvre de leurs prédécesseurs, et la fenêtre, est toujours visible dans le grenier, y compris les ferrures anciennes, dépourvue de leurs vitraux. Un ressaut en forme de sourcil, aussi en pierres de taille, protége l'ouverture. Un jour carré, chanfreiné, au linteau en accolade, éclaire l'étage du comble. Les rampants du pignon sont couvert de dalles plates, sommées d'une petite croix de pierre. Après la fermeture de la fenêtre orientale, deux fenêtres furent ménagées dans les murs nord et sud. Leur forme générale rappelle les fenêtres de la nef, mais leur décor est là encore plus soigné : des moulures les allègent. LES ANNEXES Deux petites constructions sont accolées au corps principal : à l'est une sacristie, et au sud une chapelle. Leur adjonction est venue renforcer l'irrégularité du plan de l'ensemble. La première remonte à la dernière décennie du XVIII° siècle : Le 8 juin 1784, les RRPP Bénédictins, décimateurs, autorisèrent les habitants à ouvrir une porte dans le choeur pour accéder à la sacristie, dont la construction avait été jugée nécessaire pour permettre le rangement des ornements et l'habillage du desservant. Le 4 juillet de la même année, l'intendant de Bourgogne, représentant l'administration royale, saisi par M° Charles Petit, avocat à Dijon, d'une opposition au projet qui prévoyait la destruction des sépultures plusieurs membres de sa famille, ordonna aux habitants de déplacer celles-ci avant d'entreprendre les travaux. Il s'agit d'une pièce de petite taille, qu'éclaire une fenêtre défendue par de forts barreaux de fer. Elle est décalée vers le sud, de façon à ouvrir à la droite de l'autel majeur. La seconde n'est pas précisément datée : l'appareillage de l'arc qui l'ouvre sur le choeur est relativement mince. On peut émettre comme hypothèse que cette chapelle a été édifiée au cours du XVIII° siècle, lorsque la population connut une augmentation sensible. Son axe n'est pas perpendiculaire au choeur : l'implantation en biais permet aux fidèles de mieux voir l'autel. Ruinée, cette chapelle a été totalement reconstruite lors de la compagne de travaux de 1821, mais l'architecte conserva l'ancienne fenêtre, elle aussi renforcée de barreaux. L'entrepreneur conserva quelques pierres d'angle. Si on examine les chaînages, on remarque la présence de ces pierres récupérées.