Eglise

SON EVOLUTION A TRAVERS LES SIECLES

Cet article a été rédigé par Monsieur de Charry (habitant de la commune) à partir de ses connaissances personnelles et de nombreuses recherches dans les archives communales et départementales. Les photos sont l'oeuvre de messieurs LENOIR et CONETTE.

Situé un peu à l'écart de la route qui relie Dijon à Is sur Tille, le centre du village de Savigny le Sec s'articule en deux espaces publics contigus, mais bien différenciés. D'une part la place publique, lieu ouvert, auquel on accède aujourd'hui comme jadis par cinq voies convergentes, et qui regroupe les équipements civils. Sous l'ancien régime, on trouvait au centre le four banal dans lequel les habitants venaient faire cuire leur pain, isolé des habitations par crainte de l'incendie. A la périphérie s'élevaient la grange dîmière dans laquelle les religieux de St Bénigne de Dijon, seigneurs de Savigny, stockaient la part qu'ils prélevaient sur les récoltes, transformée aujourd'hui en Mairie, et à côté la demeure du fermier seigneurial, personnage chargé de percevoir les droits seigneuriaux. En face de cette maison l'un d'eux, le sieur Bernot, fit élever vers 1740 un calvaire dont la base seule subsiste.

Au cours des XIX° et XX° siècles, c'est tout naturellement autour de cette place que les édiles installèrent l'école en 1835, la Mairie en 1844, puis le réservoir et la fontaine publique en 1855. C'est aussi sur cette place qu'a été édifié le monument aux Morts, après la guerre 1914-1918. A l'aube du XXI° siècle, la nouvelle école vient compléter ces équipements.

D'autre part un espace fermé faisant contrepoint à la place , composé de l'église et du cimetière, son complément traditionnel jusqu'à ce que, dans les années 1770, des considérations hygiéniques les fassent déplacer à la périphérie des agglomérations. A Savigny, comme aucune habitation ne jouxtait le cimetière, celui-ci est resté à son emplacement d'origine. Un mur entoure l'enclos funéraire : c'est un mur bas qui ne masque pas l'église ; il sert en premier lieu à différentier les espaces. Il a aussi pour but d'empêcher les animaux de divaguer parmi les tombes, ce qui, sous l'ancien régime, aurait pu avoir comme conséquence de faire interdire le cimetière, c'est à dire de faire défense aux habitants d'y ensevelir leurs défunts. Au XVIII° siècle, deux portes de bois permettaient d'accéder à l'enclos cimetéral ; ainsi que l'indiquent deux devis établis en 1742 et 1747 relatifs aux réparations à apporter au mur. Ainsi donc les deux espaces se complètent, plutôt qu'ils ne s'opposent ; tous deux sont dévolus aux manifestations collectives, profanes pour l'un, spirituelles pour l'autre.

LA PAROISSE Savigny le Sec fut toujours un village trop peu peuplé pour constituer une paroisse à lui seul. C'était au XVIII° siècle un «secours », une succursale, de la paroisse de Norges la Ville, où résidait le curé. Habituellement, celui-ci faisait assurer le service divin par son vicaire. Les habitants versaient à celui ci une redevance en grains. Le 29 janvier 1686, un arrêt condamna le vicaire perpétuel de Norges siècle à recevoir 13 émines et demie de seigle et d'avoine, au lieu du froment auquel il prétendait avoir droit pour la desserte de Savigny. A la même époque, l'état de l'église était pitoyable, aussi fut-il question de la supprimer. Les habitants s'y opposèrent, en faisant valoir que le chemin de Savigny à Norges était peu sur, des soldats et autres maraudeurs se dissimulaient, selon eux, dans les bois et attaquaient les fidèles qui se rendaient à la messe à Norges. L'argument devait être assez sérieux, puisque l'église fut maintenue. La paroisse est sous l'invocation des saints Gervais et Protais.